L’application est en ligne à Nîmes : 163 lieux d’aide vérifiés, cinq langues, aucun compte.Ouvrir Mano

Le journal de bord

Ce qu’on construit, et ce qu’on apprend.

Pas un blog marketing : un journal de bord. On y écrit ce qui avance, ce qui coince, et pourquoi on fait ces choix.

29 août 2026

163 lieux, cinq langues, un nom de domaine

Cinq jours après le dernier billet, Mano ne ressemble plus au même projet. L’annuaire est passé de 57 à 163 lieux référencés — dix domaines au-delà des quatre besoins : santé mentale, parentalité, seniors isolés, exil, insertion, mobilité, santé sexuelle, sortie de détention, surendettement, et même les animaux des personnes à la rue. Chaque fiche est réelle et sourcée ; les lieux imaginés des premiers essais ont tous été supprimés, et nous tenons une liste de ce qui n’existe pas à Nîmes pour ne jamais le réinventer.

L’application parle désormais cinq langues — français, arabe, anglais, roumain, ukrainien. L’arabe se lit de droite à gauche, et la lecture à voix haute suit la langue choisie, phrases comprises. Pour qui ne lit pas ou ne lit pas le français, c’est la différence entre une application et un mur.

Nous avons aussi corrigé une malhonnêteté involontaire : douze lieux qui exigent une orientation ou un rendez-vous s’affichaient « ouverts », en vert. Ils ont maintenant leur propre état, en ambre — « sur démarche » — et ne sont plus comptés parmi les lieux ouverts. À cinq heures du matin, Mano annonce 5 lieux réellement ouverts, pas 17. C’est moins flatteur, et c’est la vérité.

Enfin, Mano a une adresse : manoaide.fr. Le chantier de septembre ne change pas : vérifier chaque fiche par téléphone avec les structures.

24 août 2026

57 lieux, et ce que leur recherche nous a appris

Cette semaine, Mano est passé de 43 à 57 lieux référencés, dont une trentaine de structures réelles : les Resto U’ du CROUS et leur repas à 1 €, l’épicerie solidaire Le Pavillon, Adejo et son accueil 7 jours sur 7, la Table Ouverte, les centres des Restos du Cœur, la PASS du CHU, le CCAS…

Deux leçons en chemin. La première : l’aide étudiante et l’aide « classique » s’ignorent. Les dispositifs du CROUS et ceux des associations vivent dans des mondes séparés, alors que les personnes, elles, passent de l’un à l’autre. Mano les montre sur la même carte, avec un filtre Étudiants.

La seconde : tout ce qui aide n’est pas une porte où entrer. La Banque alimentaire nourrit les associations mais ne reçoit pas de public ; le SIAO orchestre le 115 mais on n’y sonne pas. Nous avons choisi de ne référencer que des portes — et de garder le 115 comme un bouton, présent partout.

Prochaine étape, la plus importante : vérifier chaque fiche par téléphone avec les structures, avant toute ouverture publique. Une mauvaise adresse coûte une journée à quelqu’un qui n’en a pas à perdre.

22 août 2026

Ce qui est ouvert, pas ce qui existe

La plupart des annuaires répondent à la question « qu’est-ce qui existe ? ». C’est la mauvaise question. À 19 h un mardi, savoir qu’un accueil de jour existe — mais ferme à 17 h — n’aide personne. La bonne question est celle qu’on se pose vraiment : « où puis-je aller, là, maintenant ? »

Toute l’application découle de ce choix. Mano lit l’heure : le matin, elle met en avant les petits-déjeuners et les douches ; le soir, les maraudes et les places pour la nuit ; en canicule, les points d’eau. Un lieu fermé n’est pas caché — il est affiché comme fermé, avec l’heure à laquelle il rouvre. L’attente devient une information, plus une angoisse.

Chaque fiche affiche quand elle a été vérifiée pour la dernière fois — et le dit franchement quand l’information vieillit. C’est notre contrat de confiance : ne jamais faire semblant de savoir. Une information datée et assumée vaut mieux qu’une information fraîche et fausse.

20 août 2026

Pourquoi Mano ne demande jamais qui vous êtes

Pas de compte. Pas de nom. Pas de numéro de téléphone. Ce n’est pas un oubli, c’est le premier choix d’architecture de Mano — et le plus important.

Demander une identité à quelqu’un qui cherche une douche, c’est ajouter une marche devant la porte. Beaucoup renoncent avant d’avoir demandé ; d’autres se méfient, souvent à raison, de ce que deviennent leurs informations. Alors nous avons retiré la marche : on ouvre l’application, on voit ce qui est ouvert, on y va.