Journal

Ce qu'on construit,
et ce qu'on apprend.

Pas un blog marketing : un journal de bord. On y écrit ce qui avance, ce qui coince, et pourquoi on fait ces choix.

24 août 2026

57 lieux, et ce que leur recherche nous a appris

Cette semaine, Mano est passé de 43 à 57 lieux référencés, dont une trentaine de structures réelles : les Resto U' du CROUS et leur repas à 1 €, l'épicerie solidaire Le Pavillon, Adejo et son accueil 7 jours sur 7, la Table Ouverte, les centres des Restos du Cœur, la PASS du CHU, le CCAS…

Deux leçons en chemin. La première : l'aide étudiante et l'aide « classique » s'ignorent. Les dispositifs du CROUS et ceux des associations vivent dans des mondes séparés, alors que les personnes, elles, passent de l'un à l'autre. Mano les montre sur la même carte, avec un filtre Étudiants.

La seconde : tout ce qui aide n'est pas une porte où entrer. La Banque alimentaire nourrit les associations mais ne reçoit pas de public ; le SIAO orchestre le 115 mais on n'y sonne pas. Nous avons choisi de ne référencer que des portes — et de garder le 115 comme un bouton, présent partout.

Prochaine étape, la plus importante : vérifier chaque fiche par téléphone avec les structures, avant toute ouverture publique. Une mauvaise adresse coûte une journée à quelqu'un qui n'en a pas à perdre.

22 août 2026

Ce qui est ouvert, pas ce qui existe

La plupart des annuaires répondent à la question « qu'est-ce qui existe ? ». C'est la mauvaise question. À 19 h un mardi, savoir qu'un accueil de jour existe — mais ferme à 17 h — n'aide personne. La bonne question est celle qu'on se pose vraiment : « où puis-je aller, là, maintenant ? »

Toute l'application découle de ce choix. Mano lit l'heure : le matin, elle met en avant les petits-déjeuners et les douches ; le soir, les maraudes et les places pour la nuit ; en canicule, les points d'eau. Un lieu fermé n'est pas caché — il est affiché comme fermé, avec l'heure à laquelle il rouvre. L'attente devient une information, plus une angoisse.

Chaque fiche affiche quand elle a été vérifiée pour la dernière fois — et le dit franchement quand l'information vieillit.

C'est notre contrat de confiance : ne jamais faire semblant de savoir. Une information datée et assumée vaut mieux qu'une information fraîche et fausse.

20 août 2026

Pourquoi Mano ne demande jamais qui vous êtes

Pas de compte. Pas de nom. Pas de numéro de téléphone. Ce n'est pas un oubli, c'est le premier choix d'architecture de Mano — et le plus important.

Demander une identité à quelqu'un qui cherche une douche, c'est ajouter une marche devant la porte. Beaucoup renoncent avant d'avoir demandé ; d'autres se méfient, souvent à raison, de ce que deviennent leurs informations. Alors nous avons retiré la marche : l'application entière fonctionne sans savoir qui vous êtes.

Techniquement, ça veut dire : vos recherches restent dans votre téléphone, votre position sert uniquement à trier les lieux par distance et n'est jamais envoyée nulle part, et les statistiques de l'observatoire sont des comptages anonymes — jamais des parcours individuels. Nous ne pouvons pas divulguer ce que nous n'avons pas.